Levée de 20 millions de francs pour une start-up de l’EPFL

Une spin off de l’EPFL, Abionic, lève 20 millions de francs pour son troisième tour de financement. Son système de détection ultrarapide pour les allergies permet désormais de tester le sepsis. Une étude clinique démarre en avril.

Abionic, spin off de l’EPFL, boucle son troisième tour de financement avec 20 millions en banque. Il s’agit du troisième pour cette spécialiste du dépistage ultrarapide des allergies qui avait déjà obtenu 11,3 millions lors de levées de fonds précédentes. Ce montant lui permettra notamment de mener une étude clinique pour le diagnostic du sepsis, infection grave de l’organisme par des bactéries. Abionic a développé au sein du Laboratoire d’optique biomedicale (LOB) de la STI, une technologie nanofluidique qui accélère et amène la biologie moléculaire dans le cabinet du médecin, à la pharmacie et dans les hôpitaux, pour le bénéfice de leurs patients.

Sa plateforme de diagnostic biomédical, basée sur la microfluidique, fournit des résultats en quelques minutes sur la base d’une seule goutte de sang contre plusieurs heures avec les systèmes actuels. Fondée en 2010, la start-up désormais établie dans les bâtiments du Biopôle de Lausanne, commercialise d’ores et déjà un test mesurant plusieurs allergies respiratoires ainsi que le test de carence en fer.

Un test de dépistage de la septicémie en cinq minutes

Ce nouveau financement permettra avant tout de lancer dès le mois d’avril une étude clinique pour son test de sepsis dont les premières indications apparaissent après cinq minutes seulement. « Le plus rapide au monde », affirme Nicolas Durand, CEO et cofondateur de la start-up. En Suisse, les services d’urgences des hôpitaux recensent plusieurs centaines de cas par an dont près de 15% décèdent. Ce nouveau test sera effectué sur plus de 300 patients dans 14 centres de soins intensifs en Suisse, Italie, France et au Royaume-Uni. Ce diagnostic précoce, appelé PSP (Pancreatic Stone Protein), pourrait par exemple être utilisé dans les services d’urgence pour l’évaluation des risques et aider à la décision de débuter ou non un traitement antibiotique. Il pourrait ainsi sauver la vie des patients en soins intensifs. "Cet outil de diagnostic en temps réel est essentiel pour nous, médecins, afin de commencer rapidement le traitement antibiotique et la réanimation", note Bruno François, chef de l’unité de soins intensifs de l’hôpital universitaire de Limoges (France) et chercheur principal de l’étude.

L’entreprise, qui a annoncé l’enregistrement par la FDA (Food and Drug Administration) pour son système, prévoit de mettre son appareil en vente sur le marché américain dès cette année. Elle développe continuellement en parallèle des tests rapides supplémentaires, par ex. pour d’autres allergie, ou encore asthme et la thrombose.