Rankings 2: Les professeurs en parlent

Pourquoi nos professeurs ont-ils quitté des universités prestigieuses pour venir à l’EPFL, et que pensent-ils de l’EPFL ?

Bill Curtin
Directeur d’Institut
IGM
Giovanni de Micheli
Directeur d’Institut
IEL
Andreas Mortensen
Directeur d’Institut
IMX
Volkan Cevher
PATT
IEL
Sebastian Maerkl
PATT
IBI
Georg Fantner
PATT
IMT
Camille-Sophie
Brès

PATT
IEL
Andreas Burg
PATT
IEL
Stéphanie Lacour
PATT
IMT
Christophe Moser
Professeur
Associé
IMT
François
Avellan

Professeur
Ordinaire
IGM
John Botsis
Professeur
Ordinaire
IMX

Le Dr William Curtin a effectué un BS et un MS de physique à l’Université Brown (USA), puis un Ph.D en physique théorique à l’Université Cornell. Après avoir travaillé sept ans pour le groupe de physique appliquée de British Petroleum (BP), il a occupé le poste de professeur à Virginia Tech, puis est retourné à Brown pour rejoindre le groupe de mécanique du solide. Il a quitté l’Université Brown cette année pour intégrer la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur de L’EPFL, en tant que directeur de l’Institut de Génie Mécanique.

"Je n’aurais pas quitté Brown si je n’avais pas eu l’impression que l’EPFL était de qualité comparable, voire meilleure que Brown."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que l’Université de Brown ?
Brown et L’EPFL sont deux institutions de type très différent. Brown est une école privée dédiée à la science mais aussi aux sciences humaines. Elle a un passé et une histoire très riches et est ancrée dans la culture américaine. L’EPFL est une école publique relativement jeune, ancrée dans la culture Suisse. Elle se focalise sur la science et l’ingénierie. Les deux écoles fonctionnent différemment et ont chacune des atouts distincts. Il n’en reste pas moins que je n’aurais pas quitté Brown si je n’avais pas eu l’impression que l’EPFL était de qualité comparable, voire meilleure que Brown.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
L’EPFL est une institution dynamique qui repousse les limites de la recherche et de l’enseignement, grâce à la vision exceptionnel de son administration. Le système suisse est extraordinaire, car il soutient largement les professeurs des deux EPF du pays. Cela permet aux scientifiques d’être créatifs et de poursuivre librement de nouvelles recherches. En venant ici, je peux bénéficier de cette opportunité et avancer dans mon champ d’investigation.

Quels sont les principaux atouts de l’EPFL, et ses faiblesses ?
Le corps professoral est de haut niveau, les ressources et la qualité des équipements sont exceptionnelles, la qualité des dirigeants est excellente et il y a une base solide de talentueux étudiants suisses et étrangers à tous les niveaux. Quant aux faiblesses, il est difficile pour moi d’en parler en détail, puisque je suis au tout début de ma carrière à l’EPFL. Je dirais que l’Ecole est encore jeune et qu’elle doit encore développer une « culture » universitaire.

Professeur et directeur de l’Institut d’Ingénierie électrique et du Centre des Systèmes Intégrés  à l’EPFL depuis 2005, Le Dr. Giovanni De Micheli, était auparavant professeur ordinaire en électronique à l’Université Stanford (USA). Il a également réalisé avant cela un doctorat en Electronique et en Informatique à l’Université de Californie, Berkeley (USA).

 "L’EPFL et Stanford : cela revient à comparer la dernière BMW et une Ferrari."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que l’Université de Stanford ou Berkeley ?
Non, pas encore. Berkeley, Stanford et MIT ont des professeurs et des étudiants plus brillants. Cela revient un peu à comparer le dernier modèle BMW à une Ferrari. Il manque également un tissu industriel du même niveau que la Silicon Valley, par exemple. Cependant, Si l’EPFL continue à s’accroître, elle pourra rejoindre le top 10 des meilleures universités du monde en science et technologie.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Je voulais revenir en Europe, et j’ai choisi l’EPFL à cause de sa bonne réputation. Je trouvais que c’était un école plus dynamique et avec une plus grande capacité de changement que l’EPFZ. J’ai donc choisi le dynamisme plutôt que la grandeur de l’institution.

Quels sont les principaux atouts de l’EPFL, et ses faiblesses?
Les infrastructures sont excellentes, il est possible d’obtenir de bons fonds de recherche et le corps professoral est de très bonne qualité. Par contre, l’EPFL est encore jeune et elle manque de maturité, notamment en ce qui concerne les procédures et la politique de l’établissement. Il y a cependant un grand potentiel d’amélioration.

Directeur de l’Institut des matériaux à l’EPFL, Andreas Mortensen dirige le laboratoire de métallurgie mécanique. Il a rejoint l’EPFL après avoir passé 10 ans à l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), occupant tour à tour les postes de  professeur assistant ALCOA, professeur associé puis professeur ordinaire. Il est l’un des auteurs les plus cités en ce qui concerne la science des matériaux.

 "La STI a le potentiel  pour briller dans les disciplines choisies."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que le MIT?
Dans le cas d’un statu quo, la réponse est clairement négative, à l’exception des étudiants en formation. Ce n’est cependant pas la place qu’occupe l’école actuellement qui est intéressante, mais bien le rythme auquel elle évolue et la façon dont elle le fait. Cette particularité fait de l’EPFL un établissement très spécial, et il y a de grandes chances que la réponse à votre question devienne positive dans la génération à venir.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Je n’ai pas quitté MIT pour quitter MIT. J’étais heureux là-bas. Seulement, je souhaitais revenir en Europe pour des raisons personnelles. J’ai choisi l’EPFL parce qu’elle possède une solide réputation en science des matériaux et les moyens financiers nécessaires pour exceller dans cette matière. Les aspects culturels, linguistiques et géographiques étaient également ceux qui me convenaient le mieux.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?
Les plus grands atouts de l’EPFL sont son dynamisme, son rythme d’accroissement, la qualité de ses infrastructures, ses étudiants et, pour finir, l’effervescence qui émane de l’envie de la Suisse et des collègues au sein de l’Ecole de construire un institut de technologie qui a le potentiel pour briller dans les disciplines choisies.

Il n’en reste pas moins qu’actuellement, la manière de gérer l’EPFL ne permet pas de lui offrir ce dont elle manque le plus : une « corporate culture » forte, partagée et tournée vers l’avenir

  Volkan Cevehr (PATT) a fait son BSc en Génie Electrique à l’Université Bilkent (Turquie), et a obtenu un Ph.D à l’Institut de technologie de Georgia (Georgia Tech-USA). Il a mené des recherches à l’Université du Maryland, College Park (USA) entre 2006 et 2007, ainsi qu’à l’Université Rice.


"Nous sommes en train de construire notre réputation. Mais ce n’est pas encore gagné."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que Georgia Tech ou l’Université du Maryland ?
Je vais me baser sur trois axes pour fournir une comparaison: le domaine académique, les ressources et les services.

En ce qui concerne l’excellence des collègues et leur réputation dans le monde académique, l’EPFL est plutôt compétitive face aux meilleures universités aux USA. Actuellement, nous sommes en train de construire notre réputation. Mais ce n’est pas encore gagné : l’EPFL est toujours considérée comme la petite sœur de l’EPFZ.

Pour ce qui est des ressources: il faut prendre en compte la disponibilité des fonds, et le nombre de bons étudiants. En ce qui concerne les fonds mis à disposition, aucune université américaine ne peut rivaliser avec l’EPFL. Par contre, la qualité des étudiants à l’EPFL est très variable. J’ai l’impression que la réputation de cette école n’est pas encore assez bonne pour attirer les meilleurs étudiants. Les professeurs choisissent quelques éléments émanant des institutions connues.

Enfin, en ce qui concerne les « services »-temps de réponse des services de l’EPFL pour la mise en place d’un labo, le système de centrale d’achat et l’organisation de voyages- la qualité est très variable. Le temps de réponse des services centraux, par exemple, est sans fin. Par ailleurs, il n’y a pas d’aide centralisée concernant les demandes de subvention (la préparation de budgets, par exemple) et les procédures d’achat sont assez longues. Par contre, le système d’organisation des voyages est au point.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Je suis avant tout venu pour la qualité du corps professoral, et pour les ressources à disposition. Par ailleurs, ma patrie d’origine est la Turquie, et la Suisse en est plus proche que les Etats-Unis.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?
Les professeurs sont les plus grands atouts de l’EPFL.

Je dirais que la faiblesse principale est due au fonctionnement des services centraux, même s’il semble qu’il y ait une volonté d’amélioration. En outre, il n’existe pas de mécanisme d’évaluation du système pour les professeurs. Lorsque nous enseignons, nous obtenons une appréciation des étudiants. Par contre, lorsque nous demandons de l’aide- pour installer un bureau, par exemple-, nous devons patienter 6 à 8 mois, sans pouvoir donner un feedback sur la qualité et le temps de réaction des personnes qui nous prennent en charge.

Le professeur Sébastian Maerkl a obtenu un Ph.D à l’Institut de Technologie de Californie (Caltech-USA). Il est à présent professeur assistant tenure track à l’Institut de Bioingénierie à l’EPFL.  

 "Je n’avais pas considéré l’EPFL comme une université potentielle avant que mon supérieur m’informe qu’elle cherchait de nouveaux PATTs."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que Caltech ?
Le niveau de l’EPFL n’est peut-être pas aussi haut que dans des universités comme Caltech ou Stanford, deux des meilleures écoles du monde. L’EPFL n’a pas non plus la même réputation que ces deux universités dans les domaines de la biologie au niveau international. A dire vrai, je n’avais pas considéré l’EPFL comme une université potentielle avant que mon supérieur m’informe qu’elle cherchait de nouveaux PATTs pour l’année 2007.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Ce qui fait de l’l’EPFL et de la Suisse en general un endroit très attractif pour les chercheurs, ce sont les ressources à dispositions, qu’il s’agisse de budgets internes, du Swiss National Science Foundation (SNSF), ou encore d’initiatives européenne. Aux USA, les moyens de financement à disposition sont désespérants. Cela crée de vraies barrières pour la recherche. En Suisse, il a été possible d’accroître mon laboratoire de manière significative en peu de temps. 

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?
L’abondance des ressources constitue l’atout principal de l’EPFL. Quant aux faiblesses, je dirais qu’il est assez difficile d’attirer des étudiants exceptionnels dans cette université, probablement dû au fait qu’elle manque de visibilité et de reconnaissance au niveau international. Les étudiants de certaines régions du monde préfèrent peut-être également travailler dans un institut où l’anglais est la langue de référence. Ils ignorent par ailleurs que beaucoup de laboratoires à l’EPFL utilisent cette langue en priorité.

Par contre, les salaires des Ph.D et post-doc -2 à 3 fois plus élevé qu’aux USA, comparé au coût de la vie- constituent un réel attrait.

Georg Fantner a obtenu son master à l’Université technique de Graz (DE). Il a poursuivi ses études puis effectué un post-doctorat au sein du département de physique de l’Université de Californie, Santa Barabara (UCSB), avant de rejoindre le département de sciences des matériaux et d’ingénierie du MIT. Il est à présent professeur assistant tenure track de microtechnique et de bioingénierie à l’EPFL.

"A l’EPFL, les bâtiments sont fermés les week-ends et il n’y a pas grand monde."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que Santa Barbara ou le MIT ?
En ce qui concerne le domaine académique (étudiants, doctorants et post-doctorants), l’EPFL et UC Santa Barbara sont de même niveau. Le corps professoral senior d’UCSB comprend par contre davantage de « grands noms », ainsi qu’un certain nombre de Prix Nobels. L’EPFL en revanche pratique une politique plus agressive en termes de recrutement des jeunes scientifiques.  Elle est de ce fait capable d’attirer les meilleurs jeunes professeurs européens, alors que l’UCSB ne parvient pas à faire de même aux USA. 

Quant au MIT, je pense qu’il est une référence en terme d’excellence. Les critères d’admission sont extrêmement élevés, et la plupart des étudiants que j’ai côtoyés là-bas sont sont soit très bons, soit excellents- à quelques exceptions près-. Et bien que j’aie également rencontré des étudiants exceptionnels à l’EPFL, le niveau général est nettement moins bon qu’au MIT, ce qui est probablement dû au fait que n’importe quel étudiant peut entreprendre des études à l’EPFL. 

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
J’ai choisi l’EPFL en raison de l’atmosphère vibrante qui règne dans cette école, et de l’enthousiasme du corps professoral. La présence du Centre de micro nanotechnologie (CMI) a également joué un rôle. En outre, l’EPFL a été la plus rapide à me répondre. Elle a agi de manière décisive pour me recruter, par rapport aux autres institutions qui m’avaient fait des offres. L’EPFL est également la seule Université européenne à proposer un programme de tenure track semblable à ce qui se fait aux Etats-Unis. Par-dessus tout, elle progresse rapidement en termes de qualité et de reconnaissance internationale.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?
Les infrastructures sont bonnes (labo, salles blanches) et le fait que les salaires soient élevés (post-doc) permet d’attirer de brillants étudiants à l’EPFL. Par ailleurs, le fait de passer d’un grand laboratoire avec des « sub-professeurs » à une structure plus petite et individuelle permet aux jeunes professeurs de s’adonner à leurs recherches de manière plus indépendante.

Quant aux aspects négatifs, je dirais que l’éthique du corps estudiantins et du staff en général de l’EPFL est différent de celui du MIT, par exemple. Dans toutes les universités où j’ai évolué, il était considéré comme normal de travailler la nuit et durant les week-ends. Au MIT, il y avait de l’activité dans les laboratoires et les couloirs les samedis et dimanches. A l’EPFL, les bâtiments sont fermés les week-ends et il n’y a pas grand monde. Le fait de travailler plus de 42 heures par semaine n’est pas encouragé, et l’accès aux équipements de base est rendu difficile en dehors des heures ouvrables. Cela ralentit la recherche. Les équipements coûteux restent ainsi inutilisés pendant une grande partie de la journée, alors que durant les jours ouvrables, ils doivent être réservés des semaines à l’avance.

Par ailleurs, en raison des changements  qui sont survenus ces dernières années, il n’y a pas d’uniformité concernant l’utilisation des équipements et la répartition des responsabilités. Il y a soit, selon l’ancienne méthode, de grands laboratoires, dirigés par des professeurs influents qui doivent maintenir un certain nombre d’infrastructures, soit un fonctionnement selon la nouvelle organisation centralisée, avec de nombreux petits laboratoires qui utilisent les équipements.

Enfin, la transition d’une université locale où l’on parle français vers une institution internationale avec une majorité de professeurs parlant l’anglais n’est de loin pas terminée. Et je ne suis même pas sûr que ce soit un but visé par l’école. En ce qui concerne la formation des étudiants et l’interaction avec les services des départements (ateliers et équipement centraux), la langue est une véritable barrière. Cela dissuade de nombreuses personnes talentueuses de venir à l’EPFL, que ce soit en tant que professeur, qu’étudiant ou post-doctorant. Ces obstacles linguistiques quotidiens constituent également un fardeau en termes de productivité.

Camille Brès est professeur assistante tenure track à l’institut de génie électrique de l’EPFL. Elle a obtenu un Bachelor à l’Université Mc Gill (Canada), puis effectué un Ph.D et un post-doctorat à l’Université de Princeton (USA). Avant de rejoindre l’EPFL, elle était assistante de projet à l’Universitl de Californie San Diego. Elle est l’auteur de plus de 30 articles parus dans des revues d’experts, et a présenté plus de 15 papiers dans des conférences internationales.

 "L’EPFL a répondu à mes attentes. Cette université se situe à la pointe en matière d’ingénierie. L’environnement en termes de recherche est très dynamique et il y a de nombreuses collaborations."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence qu’à Princeton ?
D’après ce que j’ai pu voir et d’après les gens que j’ai rencontrés, il me semble que le niveau de la recherche est de haut niveau, tant à l’EPFL qu’à Princeton. La qualité du travail effectué à l’EPFL- dont l’histoire est plus récente que celle de Princeton- est très élevée, et bien considérée par la communauté scientifique. En raison de son niveau d’excellence, l’EPFL parvient à attirer des chercheurs connus mondialement, tels que Martin Vetterli, Demetri Psaltis et beaucoup d’autres.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Je suis venue dans cette école car c’était la meilleure décision à prendre pour ma carrière. Après mon post-doctorat, j’avais beaucoup d’attentes quant à la prochaine étape, et je ne voulais pas descendre mes exigences. En ce sens, l’EPFL a répondu à mes attentes. C’est une université qui se situe à la pointe en matière d’ingénierie. L’environnement en termes de recherche est également très dynamique et il y a de nombreuses collaborations. Sans compter que les axes de recherche correspondent aux buts scientifiques que je poursuis.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?

Je ne suis ici que depuis 2 mois. Il est donc difficile de répondre. Je dirais toutefois que le soutien financier offert par l’école est un atout majeur. Lorsque vous avez une vision précise de ce à quoi doit ressembler votre laboratoire, il est habituellement difficile de la concrétiser. L’EPFL comprend cette vision et comprend qu’il est nécessaire d’avoir des moyens substantiels pour conduire de bonnes recherches. J’ai également le sentiment que de nombreuses collaborations sont en marche, ce qui montre que le corps professoral est soudé. Enfin, la situation géographique de l’EPFL est très belle. Quant aux faiblesses, je dirais que l’EPFL, étant une université de haut niveau, devrait pouvoir attirer plus d’étudiants internationaux en provenance des USA ou du Canada. Il semblerait toutefois que cette situation soit en train d’évoluer, ce qui est très positif.

Le professeur assistant tenure track Andreas Burg a obtenu tous ses diplômes à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ). En 2000, il a reçu le prix « Willi Studer » et la médaille ETH pour son diplôme et sa thèse, respectivement. Il a également remporté une médaille ETH pour sa dissertation de thèse en 2006. En 2007, il a co-fondé Celestrius, une spinoff de l’EPFZ dans le domaine de la communication wireless MIMO.

"l’EPFL et l’EPFZ ont le même niveau d’excellence."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que l’EPFZ ?
Personnellement, je pense que l’EPFL et l’EPFZ ont le même niveau d’excellence. Les deux écoles ont réussi à attirer un excellent corps professoral, ainsi que d’excellents étudiants et chercheurs.

L’EPFZ tire une partie de son excellence du fait de la présence de brillants professeurs senior, qui ont un long parcours professionnel. Le fait que l’EPFL ait un corps professoral bien plus jeune, mais qu’elle réussisse à atteindre le même niveau d’excellence est d’ailleurs étonnant.

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier ?
Je connaissais déjà l’excellence de la recherche à l’EPFL, pour avoir déjà collaboré avec cette école auparavant. En ce qui me concerne, l’EPFL et l’EPFZ étaient tout aussi intéressantes l’une que l’autre. Mais l’EPFL offrait la possibilité de nombreuses collaborations et elle se focalise très fortement sur l’ingénierie.

Dans tous les cas, il est clair que comparé aux institutions hors de Suisse, ces deux universités offrent un environnement de recherche absolument unique, de par le soutien financier important et les infrastructures à disposition.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses ?
L’un des principaux atouts à mon sens réside dans la collaboration entre les laboratoires et les relations avec l’industrie-particulièrement en génie électrique-.  Les chercheurs de l’EPFL  sont également très présents et très actifs au sein de la communauté scientifique. Pour finir, je pense qu’il est très important de rester attaché au travail pratique, et au fait de résoudre les problèmes en lien avec le monde d’aujourd’hui. Et l’EPFL a cette tradition depuis longtemps.

Après avoir fait un Ph.D à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, Stéphanie Lacour a occupé la fonction de post-doctorante en génie électrique à l’Université de Princeton (USA), puis à celle de Cambridge. Elle a ensuite pris la direction du groupe de « stretchable bioelectronics » dans cette université anglaise, avant de rejoindre l’EPFL.

"Le centre de micronanotechnologies (CMI), qui est l’un des meilleurs centres de toute l’Europe, répond parfaitement à mes besoins en termes de recherche."

L’EPFL a-t-elle le même niveau d’excellence que Cambridge ?
Il est très difficile de comparer ces deux écoles, qui sont chacune unique, mais pour des raisons différentes. Cambridge a fêté ses 800 ans l’an dernier ; l’EPFL est une école beaucoup plus jeune. Toutes les disciplines sont enseignées à Cambridge – des lettres à la médecine, en passant par l’électronique et le genie civil; l’EPFL se concentre sur les sciences. Mais en moins de 50 ans, l’EPFL est devenue l’une des meilleures écoles d’ingénieurs en Europe (et est très bien classée au niveau mondial).

Pourquoi avoir choisi l’EPFL en particulier?
Afin de mener des recherches experimentales, il est nécessaire de disposer de bonnes infrastructures. Or l’EPFL dispose du centre de micronanotechnologies (CMI), qui répond parfaitement à mes besoins et qui est l’un des meilleurs centres de toute l’Europe. L’EPFL est également un endroit intéressant, en ce sens qu’elle abrite des chercheurs qui côtoient mon champ d’investigation et avec lesquels je peux développer de  bonnes collaborations. Sans compter que la moyenne d’âge du corps professoral est relativement basse. Un avantage pour les PATTs, qui sont destinés à évoluer de manière durable au sein d’une école. Cela permet en effet de développer des collaborations scientifiques sur le long terme, ce qui est très motivant. J’ai également choisi l’EPFL pour son dynamisme, son ouverture face à l’inter-disciplinarité et pour sa solide réputation, que ce soit en Europe ou, de plus en plus, dans le monde entier.

Quels sont les atouts de l’EPFL ? Et ses faiblesses?
L’ouverture à l’inter-disciplinarité, le dynamisme des chercheurs et étudiants et la qualité exceptionnelle des infrastructures sont les meilleurs atouts de cette école. Le fait que l’EPFL mélange français et anglais dans son enseignement est également une particularité intéressante. Comparé aux universités françaises ou anglo-saxonnes, où une seule langue est privilégiée, les étudiants et le staff à l’EPFL évoluent dans un environnement linguistique et scientifique stimulant et enrichissant. Enfin, je trouve très important que l’EPFL, et la STI en particuliers, s’engage pour améliorer la proportion de femmes au sein du corps professoral. La présence de professeurs « femmes » pourrait ainsi encourager les femmes à entreprendre des études dans ce domaine. Quant aux faiblesses de l’EPFL, elles sont difficiles à identifier en ce qui me concerne, puisque cela ne fait que huit mois que j’évolue en tant que PATT dans cette école. Il faudrait peut-être augmenter le nombre de places dans les crèches du campus.

Né à Lausanne, le professeur Christophe Moser a obtenu un diplôme de physique à l’EPFL. Il dispose en outre d’un master et d’un doctorat effectués au California institute of technology (Caltech). Avant de revenir à l’EPFL, il a cofondé Ondax, Inc., dont il fut le chef de la direction pendant 10 ans.  Il occupe actuellement le poste de Professeur Associé à l’EPFL.

"Faire un cursus Bachelor en anglais en parallèle à celui qui existe permettrait d’obtenir une dimension internationale encore supérieure."

Que pensez-vous des rankings en général? Est-il important d’être bien classé?
Je crois que c’est une bonne chose d’avoir un procédé par lequel une institution universitaire est comparée à d’autres dans le même domaine. Les rankings se réduisent à des chiffres. Il faut donc juste faire attention aux critères de ce classement, qui varient selon les établissements qui émettent ces rankings.

Que pensez-vous des changements qui ont eu lieu ces 10  dernières années, afin de faire de l’EPFL une institution internationale? Les changements sont-ils bénéfiques?
Je pense que c’est très positif pour l’EPFL et pour la région. Etant donné que le bassin lémanique francophone est petit par définition, l’internationalisation de la structure de l’EPFL nous a permis de recruter parmi les meilleurs scientifiques du monde.
Je n’y vois que du positif.

A votre avis, l’EPFL peut-elle rivaliser avec des universités telles que le MIT, Caltech ou Cambridge? Quelles sont les choses à améliorer dans cette université?
Les deux premières de ces universités renommées sont privées alors que l’EPFL reçoit du financement des contribuables par les impôts. Les contraintes sont donc différentes, particulièrement dans les domaines de l’enseignement. Les meilleurs étudiants du monde entier vont dans les 3 universités mentionnées au niveau Bachelor et, par la suite, les meilleurs éléments deviennent professeurs dans ces mêmes établissements ou donateurs dans leur alma mater, après avoir réussi dans le milieu industriel. C’est un cycle complet. A l’EPFL, le Bachelor est principalement réservé aux étudiants de la région francophone (ce qui est une très bonne chose). Le réservoir intellectuel est donc bien inférieur à celui des trois universités mentionnées. Il a été proposé de faire payer des frais d’écolage importants, afin d’attirer les meilleurs éléments du monde entier et de faire un cursus Bachelor en anglais, en parallèle à celui qui existe. Ce serait faire un pas vers ce cycle complet, ce qui permettrait d’obtenir une dimension internationale encore supérieure.

Diplômé ingénieur hydraulicien de l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique, Institut national polytechnique de Grenoble, France, François Avellan obtient en 1980 son titre de docteur ingénieur de l’Université d’Aix-Marseille II, France. Engagé à l’EPFL en 1980 en tant qu’adjoint scientifique, il est depuis 1994 directeur du Laboratoire de machines hydrauliques de l’EPFL. Nommé en 2003 professeur ordinaire en machines hydrauliques, François Avellan a été récemment distingué par la SHF, Société de hydrotechnique de France, qui lui a attribué son Grand Prix 2010 de l’hydrotechnique. Il est par ailleurs président de l’Association des Professeurs de l’EPFL (APEL).

"Les rankings sont surtout utiles dans la mesure où ils ont un impact sur la façon dont les contribuables suisses perçoivent l’EPFL."

Que pensez-vous des rankings en général? Est-il important d’être bien classé?
De manière globale, c’est une excellente chose d’être bien classé. Mais en ce qui me concerne, les rankings sont surtout utiles dans la mesure où ils ont un impact sur la façon dont les contribuables suisses perçoivent l’EPFL. Car ce sont eux qui paient la formation de leurs enfants. Le jour où la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) établit un classement et nous place à côté de l’EPFZ, nous aurons certainement franchi une étape. Dans tous les cas, la progression des recrutements d’étudiants dans les différentes sections de la STI représentent un excellent signal qui confirme ce que nous laissent entrevoir les différents classements internationaux!

Que pensez-vous des changements qui ont eu lieu ces 10  dernières années, afin de faire de l’EPFL une institution internationale? Les changements sont-ils bénéfiques?
L’évolution a été très positive, comme le montrent les résultats déjà obtenus. Patrick Aebischer a permis à l’EPFL de se positionner à un niveau planétaire, et le doyen Demetri Psaltis a su renouveler le profil de la STI en engageant des jeunes PATT au profil académique excellent.

A votre avis, l’EPFL peut-elle rivaliser avec des universités américaines telles que Virginia Tech ou Stanford?
Certainement si nous nous comparons aux universités publiques. Cependant, il est difficile de comparer des institutions qui ont des traditions diverses, et qui recrutent dans des bassins de population très différent.

Quelles sont les choses à améliorer à l’EPFL?
Il me semble que l’EPFL est quelque peu victime de son succès. L’organisation du campus doit relever le défi de sa croissance phénoménale. Il faudrait développer davantage de dialogue entre les membres du corps enseignant et les différentes instances de l’EPFL. 

Avec les changements survenus ces dernières années, la STI a perdu une part de  sa cohérence "métier". L’EPFL est une université publique qui doit remplir sa mission de formation d’ingénieurs aptes à créer de la valeur en Suisse pour contribuer au développement socio- économique du pays. Ce d’autant plus que nous avons la chance d’avoir un réseau de petites et moyennes entreprises très performantes. Ceci est d’autant plus vrai pour notre Faculté, dont le défi est de recruter des professeurs de grande valeur académique, qui soient qualifiés pour cette mission essentielle, qui a fait la réputation de l’établissement.

 

John Botsis a obtenu un certificat d’ingénieur en génie civil à l’Université Patras (Grèce),puis un Ph.D au "Case Institute of Technology", Cleveland, en 1984. Il a travaillé au département de génie civil et des matériaux de l’Université de l’Illois à Chicago en tant que Professeur Assistant, Professeur Associé puis Professeur Ordinaire. Depuis 1996, John Botsis occupe le poste de Professeur de mécanique des solides et des structures à l’EPFL.

"L’Ecole a engagé beaucoup de jeunes professeurs, ce qui a apporté du dynamisme."

 Que pensez-vous des rankings en général? Est-il important d’être bien classé?
La plupart des rankings sont élaborés de manière convenable. Il est donc important d’obtenir de bons résultats. Il est cependant indispensable de rester prudents et de s’intéresser aux critères pris en compte pour établir le classement. Ces derniers n’accordent parfois pas assez d’importances aux paramètres qui sont importants pour recruter des étudiants: la qualité du corps professoral, le niveau d’excellence de la recherche et la vie de tous les jours sur le campus.

Que pensez-vous des changements qui ont eu lieu ces 10  dernières années, afin de faire de l’EPFL une institution internationale? Les changements sont-ils bénéfiques?
J’ai connnu l’EPFL avant et après ces changements. Les récentes innovations ont été bénéfiques, incontestablement. L’Ecole a engagé beaucoup de jeunes professeurs, qui ont apporté du dynamisme. Nous évoluons maintenant dans la bonne directionpour obtenir une place de choix dans l’arène internationale.

A votre avis, l’EPFL peut-elle rivaliser avec des universités telles que le MIT, Caltech ou Cambridge? 
Si l’on considère ces universités dans leur globalité, la réponse est non. Par contre, l’EPFL peut sans aucun doute rivaliser avec les meilleures institutions du monde dans des domaines de recherche précis. A mon avis, ce n’est pas pertinent de comparer l’EPFLen tant qu’entité générale à des universités qui ont une histoire bien plus vieille et une culture très différente. L’Université de Cambridge et le MIT proposent en outre bien plus de programmes, et peuvent attirer un bassin plus grand d’étudiants. Sans oublier que le marché suisse est très petit par rapport à celui des Etats-Unis. Les étudiants indiens et chinois préfèrent la plupart du temps étudier dans un pays où il pourront rester et devenir quelqu’un d’important. Ce qui explique que l’EPFL de peut pas attirer énormément d’étudiants internationaux les plus brillants.
La meilleure chose à faire pour l’EPFL, à mon avis, consiste à investir dans quelques programmes sélectionnés au préalable, afin de devenir numéro un mondial, mais uniquement dans certains domaines. 

Quelles sont les choses à améliorer à l’EPFL?
La communication entre les professeurs et la direction devrait être facilitée. Il faudrait encourager la collaboration entre les différents niveaux hiérarchiques. Il e semble également que les tâches administratives n’ont cessé de s’accroître pour les professeurs ces dernières années.
Enfin, en ce qui concerne l’enseignement, il serait judicieux de proposer des Bachelors aussi bien en français qu’en anglais, permettant aux étudiants de choisir ce qu’il préfère. Les cours au niveau Master doivent également être systématiquement donnés en anglais! Il y a encore des professeurs, à l’heure actuelle, qui rechignent à privilégier l’anglais et qui ne se détachent pas du français.