Un bracelet intelligent pour les cyclistes circulant la nuit

Cinq doctorants de l’EPFL ont mis au point un bracelet qui clignote lorsque le cycliste tend le bras pour indiquer sa trajectoire. Leur invention a été récompensée lors d’un concours européen.

Dans les grandes agglomérations, difficile pour les cyclistes de braver la circulation en toute sérénité. En particulier la nuit, lorsqu’il est question de changer de voie au milieu des automobilistes. Forts de ce constat, cinq doctorants du Laboratoire d’électronique (ELAB) de l’EPFL ont développé un bracelet lumineux intelligent pour plus de sécurité dans le trafic. Doté de LEDS et de dispositifs électroniques, le bracelet se met à clignoter lorsque le cycliste tend le bras pour indiquer un changement de trajectoire. Baptisé «Intelligent Blinker», le projet a été récompensé lors de l’Analog design contest Texas Instrument, une compétition européenne qui s’est déroulé à Munich.

Fonctionnement à l’énergie solaire
Le principe du bracelet est relativement simple. Le dispositif se compose d’un accéléromètre et d’un magnétomètre -sorte de boussole-, qui permettent de détecter la position du bras de l’utilisateur. Lorsque le cycliste tend le bras latéralement, l’accéléromètre et le magnétomètre fournissent leurs données à un microcontrôleur, qui ordonne aux LED de s’enclencher. «Selon les habitudes du cycliste, il est possible de régler l’angle à partir duquel les LED commencent à clignoter», précise Pietro Buccella, l’un des doctorants participant au projet. Le bracelet est en outre doté de petits panneaux solaires reliés à une batterie. Il lui est donc possible de fonctionner uniquement à l’énergie solaire. «Nous l’avons tout de même équipé d’un port USB, ce qui permet de le recharger via un ordinateur si besoin», ajoute le doctorant.

Vers un bracelet multi-fonction
D’une taille d’environ cinq centimètres carrés, le circuit contrôlant le fonctionnement du bracelet est encore trop volumineux pour être porté de manière confortable. Il faut dire que les jeunes scientifiques ont développé leur invention en seulement trois mois, sur leur temps libre, sous la supervision du directeur de l’ELAB, Maher Kayal.

Dans un futur proche, le bracelet sera donc miniaturisé pour atteindre la taille d’une petite montre. Il s’agira aussi de réduire la consommation d’énergie, et de doter le bracelet de capteurs additionnel. Les améliorations seront apportées par des étudiants, dans le cadre de travaux de Bachelor en électricité. C’est du moins l’intention des inventeurs du concept, qui voient déjà un avenir pour leur technologie. «Les bracelets électroniques sont déjà très à la mode chez les sportifs, que ce soit pour mesurer l’activité physique, le nombre de calories brûlées ou la qualité du sommeil », commente Pietro Buccella. «Nous pourrions très bien imaginer combiner notre technologie à ces bracelets de mesure.»

—-
Doctorants ayant participé au projet : Pietro Buccella, Camillo Stefanucci, Denis Sallin,
Naser Khosro Pour, Theodoros Kyriakidis
Laboratoire d’électronique 

Texte: Laure-Anne Pessina
Photo: Alain Herzog